La muraille byzantine

Nos fouilles sur la muraille byzantine du site archéologique de Durrës ont comme objectif de définir les limites de la ville antique de Dyrrachium et leurs fluctuations. Ces fortifications ont fait l’objet de nombreuses études antérieures (fig. 1). Cependant, des questions demeurent, qui justifient la reprise des travaux. La plus grande partie de nos recherches s’est portée sur la portion ouest des murailles qui sont particulièrement bien conservées (fig. 2). Ces recherches ont tout d’abord permis de préciser la date de construction du mur byzantin qui a été érigé dans la seconde moitié du Ve s. apr. J.-C. Un sondage profond conduit contre le parement ouest de la muraille (fig. 3) a aussi montré que, contrairement à ce qui était généralement accepté auparavant, ce mur n’a pas été construit au-dessus de fortifications plus anciennes, romaines, voire antérieures. La muraille byzantine a été construite ex nihilo. Une fouille de 2017 menée au sud de la tour B a contribué à établir l’histoire des fortifications byzantines (fig. 4). Elle permet de supposer que ce mur byzantin n’a, dans ce secteur, aucun lien direct avec la tour A, encore appelée « tour vénitienne » (fig. 5), avec laquelle il fut relié plus tard. Ces éléments sont importants car ils permettent d’affirmer que la ville byzantine de Dyrrachium ne s’étendait pas aussi loin vers le sud qu’on le pensait. Ils obligent aussi à rechercher le retour sud-est de ce mur sur lequel un autre chantier de 2017 a livré certains éléments (voir onglet « le bastion »).

Ces recherches ont aussi révélé qu’après une phase d’accumulation naturelle contre la muraille byzantine, de nombreuses tombes (fig. 6-7) ont été creusées immédiatement à l’ouest. Cette séquence de trois phases successives d’inhumations allant probablement de l’époque byzantine à l’époque médiévale, voire jusqu’au XVe s. apr. J.-C., semble avoir constitué la seule utilisation de cette région après la construction de la muraille.

Il est également apparu qu’avant la construction du mur byzantin, l’accumulation naturelle qui a pu être observée dans la région montre qu’elle ne fut guère occupée. Ce résultat est conforté par une fouille de 2018 (voir onglet « le rivage antique ») qui donne un élément d’explication : le rivage antique se trouvait à proximité immédiate.