Le Musée de la Guerre

Les fouilles que nous avons menées dans les jardins du Musée de la Guerre du site archéologique de Durrës (fig. 1) avaient comme objectif de définir l’occupation antique dans cette partie de la ville bordée, au nord, par des nécropoles romaines fouillées à partir des années 1950.  Il s’agissait de préciser si la ville antique s’était développée dans cette région, à partir de quand et sous quelle forme. En effet, la présence non loin de là, des nécropoles pouvait permettre de supposer que ce secteur était occupé soit par la muraille romaine protégeant la ville au nord, soit par des faubourgs (ou suburbium) dont il convenait de préciser le paysage et le type d’occupation.

Des structures importantes ont été mises au jour. Il s’agit tout d’abord d’un balnéaire luxueux qui s’est installé sur une occupation plus ancienne, signalée par un dallage de marbre très dégradé (fig. 2). L’espace thermal est composé en particulier d’une pièce à suspensura sur pilettes de terre cuite, constituée d’un béton hydraulique recouvert d’un pavage de dalles en marbre (fig. 2). Un peu plus à l’est, on a mis au jour un bassin ornemental datant de l’Antiquité tardive, dont le fond est couvert de dalles de terre cuite (fig. 3) liées au mortier. Les parois, constituées elles aussi de dalles de terre cuite, décrivent trois marches de hauteur inégale (fig. 3). L’ensemble de ces structures antiques a été pillé, puis couvert par des vestiges médiévaux qui révèlent probablement une petite occupation de type agricole dans cette région (fig. 4). Finalement des remblais modernes sont installés directement sur les niveaux médiévaux, sans doute au cours de la seconde moitié du XXe s.

 

Par quelques trous de pillage qui ont permis de faire remonter une céramique résiduelle abondante, nous avons pu constater que la région n’a été que très peu occupée à l’époque romaine ce qui, si cela se confirmait, constituerait une donnée importante sur le paysage aux limites nord de la ville antique. Nos recherches, en 2018, près du Palais des Sports sont venues confirmer les résultats des fouilles dans le jardin du Musée de la Guerre.