Le projet
SIG

Le SIG

La première phase de la mission (2012-2017) a été de réaliser une carte archéologique du site qui permette à la fois, aux autorités, de gérer le développement urbain important de la ville en tenant compte de la richesse archéologique du sous-sol et qui donne aussi les moyens d’établir une synthèse de l’ensemble des recherches archéologiques qui ont été conduites à Durrës depuis la fin du XIXe s. afin de relancer les recherches sur le terrain à la lumière de ces résultats.

Nous avons décidé de réaliser, en collaboration avec l’ESGT-CNAM, cette carte archéologique sous la forme d’un SIG (Système d’Information Géographique) évolutif et vivant qui permette, certes de resituer l’ensemble des chantiers et de la planimétrie des structures sur une seule carte (fig. 1), mais qui puisse aussi évoluer au fur et à mesure des nouvelles fouilles. Cet outil, construit sur le logiciel libre QGis, nous a paru tout à fait approprié puisqu’il donne la possibilité d’associer l’ensemble de la documentation graphique et photographique d’une fouille à cette carte et également d’interroger cet outil. Basé sur le cadastre de 2010 (fig. 2 et 3), le SIG donne aussi le moyen, par un simple clic, de visualiser une fiche descriptive d’une structure (fig. 4) (plus tard, on pourra aussi faire apparaître l’ensemble du dossier avec plans et photographies) et/ou d’une fouille.

L’ensemble des archives de fouille (rapports, plans, photographies, cartes) entreposées à l’Institut archéologique de Tirana, mais aussi à l’Institut des Monuments ainsi qu’à l’ASHA et dans certaines archives privées, a été numérisé (fig. 5). Le géo-référencement des anciennes fouilles a aussi constitué une étape clef puisqu’il était impossible de replacer précisément sur le cadastre les structures qui ne l’avaient pas été : les vestiges encore visibles ont été géo-référencés (fig. 6). Le problème était beaucoup plus complexe pour les sondages anciens dont aucun vestige ne subsistait à l’air libre. Dans ce cas, il fallait se caler, quand nous avions un plan d’ensemble, sur les angles de bâtiments encore existants, s’il y en avait. Les fouilles pour lesquelles nous n’avons pu trouver de repère précis figurent uniquement sous forme de point sur le fond de carte (fig. 2), même si, en cliquant sur ce point, le plan de la fouille (non géo-référencé) est accessible ainsi que les métadonnées que nous aurons réunies à propos de ces fouilles. 

La mise en place du SIG a permis, d’autre part, de relancer l’analyse du tissu urbain de Durrës. Ainsi, plusieurs problématiques, centrées sur les limites de la ville antique et leurs fluctuations, sur les différentes trames urbaines et leur histoire se trouvent en partie renouvelée grâce à cet outil. Ce sont ces questions qui ont servi de base à la définition de notre stratégie de fouille et à la reprise des fouilles. Cet outil qui a actuellement été diffusé sur CDRom auprès des principaux intervenants à Durrës, sera ultérieurement mis en ligne.